Les russes gagnent toujours

mercredi 2 avril 2008

Léontine restait avec un tueur.Pourtant Léontine ne l'aimait pas.Léontine restait avec un tueur.Pourtant ils ne s'aimaient pas.

Jean discute avec Anton. Ils sont toujours dans le café.Jean s'est tu. Le serveur vient de passer. Anton a levé la main pour prendre une nouvelle commande.  Le garçon ne l'a pas vu. Jean recommence à parler alors qu'Anton contemple son verre de gin vide. Le silence n'a pas duré longtemps. Il est toujours deux heures du matin. Jean et Anton ne paraissent pas fatigués. Ils sont seuls sur scène après le passage du serveur. Il y a une lampe juste au dessus d'eux. Elle les éclaire faiblement. Jean appuie ses mains sur la table.

Jean - Et je prendrais le bateau par les cornes; s'il le faut je le retournerais!Et puis ensuite je ferais une bonne pêche et j'inviterais toute ma famille. je ne les ai aps vus depuis trois ans. Je crois qu'ils ne veulent plus m'adresser la parole...(silence) C'est beau d'avoir des rêves!

Anton - Peut-être.

Jean - Tu penses qu'on peut en mourir.(silence.)Tu penses qu'on peut en mourir.

Anton - Non.

Jean - Mais ça fait mal. ça fait mal quand même.(silence.)

Anton - Je ne sais pas.

Jean - Je crois pourtant qu'on peut en mourir.

Anton - Je n'aime personne(silence)...d'ailleurs.

Jean - Enfin, acheter un bateau ça ne dois pas être si compliqué! Et puis l'argent - ah! l'argent - je n'aime pas ça, mais bon, il ne m'aime pas beaucoup non plus surement; il me cotoie si rarement! Mais je trouverais bien un moyen.(silence.) Eh bien oui, quoi!Tu sais bien que je trouve toujours un moyen!Et s'il le faut, je crois bien que je le volerais.Oui...je le volerais.(silence.)

Anton - Et personne ne m'aime.

Jean - Je ne me ferais pas prendre.Il y a trop peu de chances pour que je me fasse prendre. Déjà du temps où je braconnais...(il ne regarde plus Anton.)ah, ça me rappelle mes anciens voyages!Mes si beaux anciens voyages.Et ça me débecte, ça me débecte ces auteurs comme Gide!A croire qu'ils ont vu le monde, qu'ils ont parcouru les éternels instants.Ils n'ont rien fait.Rien!(silence.)Maintenant six pieds sous terre...je peux même pas les emmener avec moi. Sinon, je t'assure, je les aurais fait venir.Ah!ça oui, et je les aurais trainés jusqu'aux bateau, ces couards!A jurer des magnifiques paysages cloîtré dans un grenier miteux! A implorer les senteurs des îles quand on ne sent que la poussière!Enfin, c'ets trop tard, c'est trop tard maintenant.Mais moi j'aurais mon bateau! Tu me crois, hein, quand je te dis que je l'aurais?(long silence.)Tu m'écoutes j'espère!(silence.) Tu ne réponds même pas! Allons, voyons, dis quelque chose!

Anton - Pardon.(il baisse ostensiblement les yeux, il regarde lamentablement ses jambes, il a les mains nouées sur ses genoux.)

Jean - Ah non! Tu ne vas pas te remettre à te plaindre! Tu veux que je te dise, moi, ce que j'en pense.(silence.)Tu veux que je te dise!(long silence.) J'en pense que tu as trop bu. Voilà ce que j'en pense.(il pousse le verre de la table, pas très brusquement. Le verre casse. Le serveur arrive/accourt.)

Anton - (à Jean.) Peut-être bien.(au serveur.) Un autre.

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mardi 1 avril 2008

Il y a des jours sans et des jours avec.

Enfin, je crois. Je m'étais promis de ne plus croire. Et puis après tout, je me dis que c'est pour me rassurer. je me dis qu'il y a beaucoup de gens qui se rassurent. Et puis qu'il n'y a pas d'interdits. Mais tout ça c'est pas vrai. Je le sais. Et quand j'y pense, j'arrive pas à m'dire que j'm'en fous. C'est plus fort que moi. Tu m'diras, je suis un ver de terre. C'est à ne plus s'étoner beaucoup. Et puis j'essaye. Parce que sinon on va dire que je deviens adulte. J'ai pas envie. J'ai pas envie de ne plus savoir imaginer. Et j'ai envie de courir le monde. De lui faire la belle cour. Avec des fleurs roses jaunes bleues et oranges. Mais je suppose qu'il s'en fout. Lui il y arrive bien. Avec ses presque sept milliards de sbires, il n'a pas d'inquiétude à avoir, c'est toujours un tout petit qui cri entre deux rochers galeux. J'aimerais bien être grand un jour. Ne plus être une souris ou un rampant. Et t'amener à l'abatoire. L'abatoire des rêves. Pour penser plus à moi. Pour penser un peu plus à moi. Et m'étouffer avec ce gros cerveau qui grossit. Il ressort. Je n'entends plus. Je ne t'entends plus. Je ne sens plus. Je ne te sens plus. Je vais attendre. Je vais attendre que ça sorte de mes yeux. Pour mieux vomir mon narcissisme. Pour mieux vomir de toutes les façons. En oubliant l'amour et les jolies filles, et le jazz de la Nouvelle-Orléans. Ding et ding. Je n'ai pas le singe. C'était une vraie ménagerie. Enfin, je crois. Je m'étais promis de ne plus croire. De ne plus croire et bis repetita.

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Posté par freedy à 09:58 PM - Commentaires [0] - Permalien [#]